La burqa… Basta !
Par Isabelle Laraque
Secrétaire générale adjointe du M.N.R.
On désigne abusivement par «burqa» tout voile intégral, alors qu’au sens strict, il s’agit de la tenue des femmes afghanes comportant un morceau grillagé à l’emplacement des yeux. Peu importe cette confusion : ces longs tissus, burqa, tchador, niqab, qui couvrent le corps et le visage, ne méritent pas le nom de vêtement !
Un vêtement certes répond à la pudeur. Non seulement il cache, mais il révèle : il dissimule en partie le corps de manière à ramener l’attention sur le visage, les mains, c’est-à-dire sur les manifestations de l’esprit. Il révèle aussi : il met en valeur la silhouette, la personnalité. La burqa occultant tout, ne révèle rien.
Un vêtement implique une discipline : pli repassé, chemise amidonnée ; il est censé s’adapter au lieu, à l’heure, à la circonstance : ce qu’on appelait autrefois l’élégance. Rien à voir avec cette chose informe !
La burqa est une offense à l’être humain : l’Homme est le seul animal qui se tienne droit, qui regarde de face. Seul l’être humain a un visage. Or la burqa empêche tout échange de regards, tout partage de sensations visuelles, olfactives, tactiles.
C’est une offense envers la femme en général et la femme française en particulier. Le message est le suivant : «Vous qui ne portez pas la burqa, vous êtes des femmes dévoyées, des prostituées en puissance. Alors que moi, je suis pure, vous êtes des impures». Or se dire pur, c’est déjà pécher par orgueil, donc ne plus l’être ! Qui veut faire l’ange fait la bête !
Enfin la burqa, étendard de la haine, nous conduit à banaliser le foulard qui tend à passer pour une tenue «européenne» !
Ne perdons pas de temps à polémiquer, il faut légiférer.
Le seul fait d’en débattre est une victoire pour les islamistes.
Plus grave encore, la lâcheté travestie en tolérance au sein même du gouvernement, Hervé Morin, ministre de la Défense, préconisant «un long dialogue qui ne conduise pas à stigmatiser la communauté musulmane» !
Comment légiférer ?
Les politiques sont en majorité paralysés par une double trouille : peur des musulmans, peur de voir la loi invalidée par le Conseil constitutionnel ou par la cour européenne des droits de l’Homme.
L’interdiction de la burqa se heurterait à un droit fondamental : la liberté de religion. Il est vrai que l’article 18 de la délirante Déclaration universelle des droits de l’Homme autorise chacun à manifester sa religion «tant en public qu’en privé». Pourquoi ne pas alors faire prévaloir l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : «nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi».Ce qui nous ramène au principe de laïcité. Or celui-ci ne pourrait motiver une réglementation du port de la burqa dans les lieux publics car dans son sens actuel la laïcité signifie que l’État est tenu d’être neutre à l’égard des religions et de respecter la liberté de conscience.
Il est donc préférable d’interdire purement et simplement le voile intégral pour des motifs d’ordre et de sécurité. Quant à la Cour européenne des droits de l’Homme, elle ne pourrait invalider la loi puisque les Pays-Bas ont été les premiers à légiférer au printemps 2007.
La mission parlementaire
Les membres de la mission parlementaire sur le voile intégral étaient censés construire un consensus républicain : ils ont donné le spectacle d’une foire d’empoigne.
Rien d’étonnant : cette commission présidée par le communiste André Gérin, a multiplié les auditions, recevant juristes, responsables religieux, représentants des pays du Golfe et du Maghreb ainsi que deux femmes portant la burqa!
La mission parlementaire a rendu son rapport le 26 janvier dernier : renonçant à une loi générale d’interdiction, elle s’en tenait à une décision absurde : une prohibition dans les services publics (hôpitaux, administrations). Projet qui n’allait pas assez loin puisque la question de l’espace public (la rue) restait posée. Résultat : une demi-loi !
Si les parlementaires sont hésitants et divisés, c’est alors au chef de l’État de trancher ! Il vient de le faire. Enfin ! Après la raclée des Régionales…
Comment faire confiance à celui qui n’a cessé de zigzaguer sur le sujet ?
Nicolas Sarkozy ne s’était pas montré favorable au vote de la loi sur le foulard à l’école. Le 1er octobre 2007, il se rendait à la mosquée de Paris à l’occasion de l’interruption du jeûne du ramadan et déclarait se réjouir de l’avancée de l’islam.
Trois mois plus tard, au congrès de Versailles, il proclamait : « La burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République Française ».
Encore récemment, il prétendait qu’une loi d’interdiction générale serait inapplicable.
Sur cette affaire, le combat doit être mené avec détermination, sans précipitation en songeant à l’avenir des prochaines générations, et non dans la seule perspective des élections de 2012.














